Questions / Réponses sur le cancer du sein

 

Quelle vigilance doit-on avoir par rapport à sa famille ? Quand s’inquiéter ?

 

On estime que 5 à 10% des cas de cancers du sein et de l’ovaire sont liés à l’existence d’une prédisposition génétique. Les situations suspectes de l’existence d’une prédisposition sont identifiées par les médecins au cours du recueil des antécédents familiaux. Ces derniers vont pouvoir proposer à leur patiente ayant une histoire personnelle ou familiale particulière une consultation spécialisée d’oncogénétique.

 

 

Je suis issue d’une famille avec au moins 3 cancers du sein (ma mère, ma sœur, ma tante), que dois-je faire ?

 

Dans ce cas, vous faites partie d’une famille à haut risque de cancer du sein et vous devez bénéficier d’un contrôle annuel en dehors du dépistage organisé et éventuellement d’une consultation d’oncogénétique à la recherche d’une mutation du gène BRCA1 ou BRCA2. Cette consultation vous orientera, dans ce cas, vers un dépistage individuel avec une IRM. Parlez-en à votre gynécologue ou à votre médecin traitant.

 

 

Alimentation riche en graisses : le risque existe-t-il seulement quand on est obèse ? Existe-t-il d’autres facteurs : alcool, tabac, stress ?

 

Certains facteurs représentent pour les femmes un risque de développer un cancer du sein. Rappelons néanmoins qu'une grande majorité de cancers du sein surviennent chez des femmes ne présentant pas ou peu de facteurs de risques.

 

 

Qu’a modifié le dépistage dans l’évolution du cancer du sein et de sa prise en charge ?

 

Aujourd’hui, les cancers du sein détectés dans le cadre du dépistage sont des tumeurs de meilleur pronostic pour au moins 7 cancers sur 10 avec des meilleures chances de guérison. Les lésions de petite taille à faible risque de rechute ne vont pas obligatoirement nécessiter certains traitements lourds de type chimiothérapie. De la même façon, le traitement conservateur (conservation du sein) n’est faisable que pour des lésions de relativement petite taille, de même que certaines techniques de type ganglion sentinelle (= premier relai ganglionnaire du sein) permettant d’éviter des complications de la chirurgie axillaire. Il est donc intéressant à la fois en termes de pronostic, mais aussi de lourdeur de traitement local comme général, de diagnostiquer le plus tôt possible une lésion du sein. Les cliniciens disent que la généralisation du dépistage diminue clairement le nombre de patiente vu en consultation pour la première fois avec une lésion évoluée ayant de moindre chance de guérison.

 

 

La chimiothérapie est-elle obligatoire ?

 

Il existe différents types de traitements du cancer utilisés seuls ou associés entre eux : la chimiothérapie, la chirurgie, la radiothérapie, l’hormonothérapie et l’immunothérapie. Le traitement du cancer du sein est adapté en fonction de chaque situation : chaque cancer est particulier et nécessite une prise en charge appropriée. Bien que très fréquemment utilisée dans le traitement de cette pathologie, la chimiothérapie n’est cependant pas obligatoire. La décision du traitement est prise par un groupe de plusieurs médecins de disciplines différentes et le mode de traitement dépend du type de cancer, de sa taille, de son grade et de plusieurs autres facteurs.

 

 

Quelles sont les limites ou les risque du dépistage du cancer du sein ?

 

Certains cancers du sein dépistés par la mammographie sont susceptibles de ne pas évoluer. Cependant, il est actuellement impossible de le savoir lors du diagnostic. Ils font donc l’objet d’un traitement. Des chercheurs travaillent actuellement à identifier des marqueurs d’agressivité. Ils permettront, à terme, de repérer parmi ces cancers ceux susceptibles d’être peu évolutifs, pour proposer une stratégie de prise en charge plus adaptée.

 

 

La mammographie est elle dangereuse pour mes seins ?

 

Les cancers radio-induits sont la conséquence de l’irradiation reçue au cours d’examens ou de traitements utilisant des rayons. Les progrès technologiques permettent d’user des doses d’exposition de plus en plus faible au regard des bénéfices escomptés du dépistage. Il semblerait que les femmes porteuses d’une mutation génétique (type BRCA1 et BRCA2) sont plus sensibles aux rayons.

 

 

Pourquoi dépister après 50 ans et pas avant ?

 

Parce que le risque de cancer du sein augmente avec l'âge et que l'efficacité du dépistage organisé du cancer du sein en termes de réduction de la mortalité a été démontrée chez les femmes âgées de 50 à 74 ans. Cela ne signifie pas que la mammographie de dépistage ne soit jamais indiquée avant 50 ans ; ni d'ailleurs qu'un suivi au-delà de 74 ans soit inutile. Mais avant 50 ans, et après 74 ans, l'intérêt et les modalités de surveillance sont à étudier individuellement avec le médecin traitant ou le gynécologue. On parle alors de dépistage individuel. Précisons en outre qu’avant 50 ans, le dépistage nécessiterait d’autres modalités que la mammographie, souvent moins performante chez les femmes jeunes dont les seins sont plus denses.

 

 

Le délai de deux ans entre deux mammographies de dépistage n’est-il pas trop long ?

 

Le temps de croissance moyen d'une tumeur du sein est tel qu'un intervalle de deux ans entre deux examens permet dans la très grande majorité des cas de détecter un cancer à un stade précoce. Pour les femmes à risque de cancer du sein (par exemple antécédents familiaux importants), ce délai peut-être raccourci à 1 an.

 

 

Pourquoi le radiologue ne fait pas d’échographie systématiquement ?

 

La mammographie est l’examen de référence pour le dépistage du cancer du sein. Lorsqu’elle est effectuée dans le cadre du dépistage organisé, elle comporte 2 clichés par sein. L’échographie n’est pas systématique et elle est parfois nécessaire quand les seins sont denses ou pour préciser une image identifiée sur la mammographie.

 

 

Si mon radiologue ne participe pas, que dois-je faire ?

 

Je choisis de prendre rendez vous avec un radiologue dont le nom figure sur la liste jointe à mon invitation

 

 

Pourquoi faut-il apporter ses anciennes mammographies ?

 

Ces documents permettent au radiologue de comparer et de suivre l’évolution des images et d’éviter des clichés supplémentaires inutiles.

 

 

La mammographie est-elle douloureuse, qu’est ce qui peut gêner sa réalisation ?

 

La mammographie est une radiographie qui nécessite d’effectuer une pression sur le sein afin d’obtenir des images de qualité. Cela peut être désagréable mais cela dure peu de temps.

 

 

J’ai peur que l’on me trouve un cancer

 

On ne détecte un cancer du sein que chez environ 3 à 5 femmes dépistées sur 1000. La probabilité d'être atteinte est donc relativement faible et il ne faut pas se tromper d’ennemi. Par ailleurs, un cancer diagnostiqué précocement permet des traitements plus légers et augmente considérablement les chances de guérison.